Le ciment – un matériau de construction qui traverse les générations

Ce n’est pas un hasard si le béton est le matériau de construction le plus utilisé au monde. Écoles, hôpitaux, ponts ou barrages: le béton et son liant, le ciment, permettent de construire des ouvrages qui traversent des générations. Grâce à des matières premières locales, l’industrie suisse du ciment jette les bases de constructions robustes et pérennes qui résistent au passage du temps et peuvent être réintégrées dans le cycle des matériaux de construction à la fin de leur cycle de vie.

Le rapport annuel 2025 est consacré au thème «Construire pour les générations futures». Ces photographies d’architecture illustrent de manière exemplaire comment d’une part, grâce au ciment, des infrastructures modernes destinées à la prochaine génération, comme l’école Hofacker, dans la ville de Zurich, voient le jour et, d’autre part, des édifices culturels séculaires, comme le château de Rapperswil, peuvent être préservés, grâce à la longévité du béton.

Depuis quelque 800 ans, le château de Rapperswil surplombe le lac de Zurich. En 2024, un escalier moderne en béton a été ajouté à ce bâtiment médiéval. Le cabinet Park ARCH, basé à Zurich, parvient ainsi à créer un lien harmonieux entre les différentes générations de l’histoire de la construction. 


L’escalier du château de Rapperswil reprend la forme des marmites glacières et rappelle le glacier de la Linth, qui a façonné le paysage autour du lac de Zurich. Outre ses qualités fonctionnelles, la construction de cet escalier met particulièrement en valeur la polyvalence esthétique du béton.


Des plafonds à poutres apparentes et un mur extérieur en grès vieux de plusieurs siècles se ­marient parfaitement à la structure contemporaine en béton. Dès l’Antiquité, les précurseurs du ­ciment moderne étaient utilisés comme matériaux de construction et ceux-ci constituent encore aujourd’hui les fondations d’une architecture qui traverse les générations.


En 2021, un nouveau bâtiment destiné à la prochaine génération a vu le jour au sein du complexe scolaire de Hofacker: ce bâtiment moderne en béton accueille quinze salles de classe, une bibliothèque et un gymnase triple. Par souci de responsabilité envers les générations futures, le projet a misé de manière ciblée sur des systèmes hybrides à faible émission de CO2, des types de ciment optimisés en termes d’émissions, ainsi qu’une proportion élevée de béton recyclé.



Cette construction moderne, œuvre des architectes E2A Piet Eckert et Wim Eckert, vient compléter le complexe scolaire Hofacker (Zurich) vieux de quelque 125 ans et réunit deux bâtiments ­s­colaires historiques en un ensemble architectural ­harmonieux. On obtient ainsi un équilibre entre la ­préservation de la structure historique et une nouvelle construction qui répond aux exigences actuelles en matière d’espace pour un établissement scolaire.

Production et vente

Importations et exportations de ciment et de ses composants

en 1000 de tonnes


En 2025, 4 217 181 tonnes de ciment ont été utilisées en Suisse, soit environ 463 kg par habitant. 3,71 millions de tonnes de ciment ont été livrées par l’industrie suisse du ciment.

Livraisons de ciment par types

en milliers de tonnes

La part des ciments à faible consommation de clinker, et donc à faibles émissions de CO2 (CEM II et CEM III), ne cesse d‘augmenter depuis des décennies. La part de marché des ciments Portland traditionnels ne s’élève désormais plus qu’à environ 2,2 %. Les ciments CEM III ne sont produits qu’en faible quantité en Suisse, car le laitier de haut fourneau nécessaire à leur fabrication n’est pas disponible en raison de l’absence de production de fer. Les quantités de ciment livrées sous la rubrique «Autres» (CEM II/C et CEM II/D) au cours des années précédentes sont désormais réparties entre les rubriques «CEM II B + CEM II/C» pour l’année 2025. 

Livraisons de ciment (développement à long terme)

L’industrie suisse du ciment a livré 3,71 millions de tonnes de ciment en 2025.
Les livraisons ont augmenté de 4,2 % par rapport à l’année précédente.

Climat et énergie

«Pour l’industrie du ciment, les technologies clés CCUS constituent le levier décisif sur la voie du zéro net. Cela nécessite une infrastructure de transport et de stockage ­performante couvrant l’ensemble du territoire suisse. Toutefois, l’industrie du ciment ne peut pas mener à bien à elle seule ce projet intergénérationnel d’envergure nationale.»

L’industrie du ciment soutient l’objectif zéro net d’ici à 2050

L’industrie du ciment est prête et en mesure de concrétiser son ambition d’atteindre le zéro net en 2050. Ce ne sont pas là de simples paroles en l’air: depuis le début des années 1990, l’industrie a presque divisé par deux ses émissions de CO2.

La réduction des émissions de CO2 pose des défis tout à fait particuliers aux cimentiers. Lors du processus de fabrication du ciment, la combustion du calcaire et de la marne génère inévitablement du CO2 – cette réaction chimique est indissociable de la fabrication du ciment. Afin de réduire les émissions nocives pour l’environnement, la proportion de clinker, qui génère beaucoup de CO2, dans le produit final du ciment, est progressivement réduite. Dans les nouvelles formulations, le clinker est remplacé par des substituts qui garantissent au ciment des performances équivalentes et n’altèrent ni ses propriétés ni sa longévité.

Outre les efforts novateurs visant à réduire la part de clinker, l’industrie cimentière remplace également systématiquement les combustibles fossiles par des combustibles de substitution qui lui permettent ainsi de réduire considérablement ses émissions de CO2, l’objectif étant d’utiliser environ 60% de combustibles biogènes, c’est-à-dire des sources d’énergie renouvelables d’origine végétale ou animale. La valorisation des gravats de béton dans le cadre de l’économie circulaire contribue également de manière significative à un avenir neutre en carbone et préserve les ressources naturelles. Lorsque cela est techniquement possible et judicieux, les matériaux bruts provenant des carrières sont déjà remplacés aujourd’hui par des matériaux de substitution.

L’industrie suisse du ciment a défini ses objectifs dans une feuille de route zéro net et met tout en œuvre pour que ces ambitions deviennent une réalité sur le terrain. Le levier décisif réside ici dans le captage des émissions de CO2 inévitables à la cheminée et dans leur stockage ou leur valorisation à long terme. Le Carbon Capture Storage (CCS) ou Carbon Capture Use (CCU) est un projet d’envergure nationale qui s’inscrit dans une perspective traversant les générations. Lorsque le CO2 est transformé en d’autres matières premières telles que des carburants synthétiques par des procédés chimiques, on parle de CCU. En revanche, si le CO2 est stocké à long terme dans le sous-sol, on parle de CCS. Les deux variantes constituent un défi technologique colossal que l’industrie cimentière ne peut assumer seule ni sur le plan financier ni sur le plan organisationnel. D’une part, les entreprises doivent réaliser d’importants investissements de l’ordre de 200 à 500 millions par installation pour mettre en place des infrastructures de captage du carbone dans leurs usines. À cela s’ajoutent des dépenses et des coûts importants pour l’exploitation des installations. Pour cela, il faut pouvoir compter sur une sécurité en matière de planification et d’investissement garantie par un cadre réglementaire stable. D’autre part, il faut mettre en place une infrastructure de transport et de stockage du CO2 dans toute la Suisse. Pour cela, il faut construire et exploiter des voies de transport, mettre en place des structures uniformes de coûts et de qualité et de créer un marché viable à long terme. Ce défi ne peut être relevé que grâce à une collaboration entre l’industrie, les exploitants et les pouvoirs publics. La disponibilité d’une quantité suffisante d’énergie neutre en CO2 à des prix compétitifs constitue également une condition essentielle à la mise en œuvre du CCUS en Suisse. L’industrie du ciment est prête à apporter une contribution essentielle au développement et à l’exploitation de ces technologies clés.


Combustibles de substitution

en kilotonnes

Consommation totale d’énergie par les cimenteries

en pétajoules

Taux de substitution

Taux de substitution énergétique par les combustibles alternatifs, en %

Indice CO2

en %, année de référence 1990

Combustibles utilisés pour la production de clinker

en pétajoules

Émissions totales de CO2 par les cimenteries 1992 – 2010

en millions de tonnes, par sources d’émission

Émissions totales de CO2 par les cimenteries 2011 – 2025

en millions de tonnes, par sources d’émission

Combustibles et matières premières de substitution

«Dans l’industrie du ciment, les avantages environnementaux et économiques de la valorisation des ­déchets vont de pair. Sous ­réserve de disposer d’une marge de manœuvre régle­mentaire suffisante, l’industrie peut apporter une contribution encore plus importante dans l’élimination des déchets spéciaux, comme les PFAS.»

Rares sont les secteurs qui valorisent de façon aussi large les déchets que l’industrie suisse du ciment. Elle exploite à la fois la chaleur et les matières premières et transforme des matériaux qui poseraient problème ailleurs en composants précieux d’un nouveau produit. L’industrie du ciment est donc une industrie clé souvent sous-estimée de la gestion des déchets en Suisse. La production de ciment nécessite des températures extrêmement élevées, obtenues par la combustion de combustibles dans un four. Au lieu des combustibles fossiles utilisés autrefois, on utilise aujourd’hui principalement des combustibles de substitution, par exemple des déchets tels que des plastiques, des huiles usagées ou des pneus usagés, qui sont incinérés de manière particulièrement efficace. Des matériaux organiques tels que la biomasse, les farines animales ou les résidus de bois – appelés combustibles biogènes – sont également utilisés de manière écologique dans la production de ciment. Particularité par rapport à d’autres installations d’incinérateurs: les déchets sont valorisés tant sur le plan thermique que matériel. Cela signifie que non seulement de la chaleur est produite dans le four, mais que les matériaux valorisables issus des déchets sont également directement intégrés au ciment. Ainsi, il n’y aura plus de résidus nocifs. Avec la nouvelle hiérarchie des déchets ancrée dans la loi, cette valorisation énergétique des matériaux est désormais privilégiée sur le plan réglementaire par rapport à la simple combustion thermique. Il s’agit là d’une étape importante pour permettre à l’industrie cimentière d’apporter la meilleure contribution possible à la protection de l’environnement en Suisse.

Mais ce n’est pas seulement en matière de combustibles que l’industrie mise de plus en plus sur des alternatives. Pour ménager les ressources primaires comme le calcaire et la marne, tout en réduisant la part de clinker fortement émettrice de CO2, les cimentiers explorent et développent depuis longtemps divers matériaux susceptibles de remplacer le clinker. Pour ce faire, ils misent sur des matières premières secondaires qui présentent un double avantage: non seulement elles remplacent le clinker, mais elles valorisent également les sous-produits et déchets d’autres industries – sans pour autant remettre en cause les propriétés avantageuses du ciment. Les gravats mélangés ou l’argile calcinée sont également utilisés comme matières premières de substitution dans les formulations modernes de ciment.

Au-delà de la valorisation des déchets en tant que combustibles de substitution, l’industrie du ciment sera appelée à jouer à l’avenir un rôle encore plus important pour la société dans son ensemble. Les substances chimiques persistantes, appelées PFAS (composés per- et polyfluoroalkylés), sont sur toutes les lèvres car, malgré leurs nombreuses propriétés avantageuses, elles ont également des effets néfastes sur la santé et l’environnement. Les incertitudes autour de la gestion des PFAS ne cessent de croître au sein de la société et du monde politique. L’une des questions les plus urgentes concerne sans doute l’élimination des produits chimiques. Dans ce cas, l’industrie cimentière propose une solution unique en Suisse: les températures extrêmement élevées associées à une atmosphère de traitement riche au calcium font de la production de ciment le partenaire idéal pour l’élimination contrôlée des PFAS. Les cimenteries suisses ont réalisé des analyses et des mesures concernant l’élimination des PFAS et sont parvenues à un résultat encourageant: une fois les matériaux contaminés par des PFAS introduits dans la flamme principale à une température d’environ 2000 °C, plus de 99,9% des molécules de PFAS sont détruites et ne sont plus détectables dans le flux de gaz d’échappement. Les produits chimiques qui auraient autrement dû être mis en décharge ou éliminés à l’étranger sont détruits sans résidus. L’industrie du ciment offre ainsi à la Suisse une formidable opportunité pour faire face au problème des PFAS.

L’industrie suisse du ciment est consciente de cette responsabilité particulière dans le domaine des PFAS et se propose d’être partie prenante de la solution, dans l’intérêt de la société et de l’environnement. Cela suppose toutefois une coordination judicieuse des exigences politiques à tous les niveaux de l’État, ainsi qu’une mise en œuvre en étroite concertation avec les secteurs concernés. Les cimentiers jouent un rôle de pionnier dans la clarification des nombreuses questions techniques en menant de façon systématique des analyses et des mesures.

Qu’il s’agisse de combustibles ou de matières premières, l’industrie suisse du ciment mise sur des alternatives et crée ainsi une plus-value écologique et sociale en tant que partenaire de la gestion des déchets. Rares sont les secteurs où de tels effets positifs sur l’environnement vont de pair avec l’esprit d’entreprise et l’action économique. Les entreprises seraient disposées à utiliser d’autres combustibles et matières premières de substitution et, ce faisant, à valoriser de manière judicieuse des quantités supplémentaires de déchets (souvent des déchets spéciaux). Cependant, le cadre juridique en vigueur impose souvent des restrictions trop strictes à cet égard. Les responsables politiques et les autorités sont donc appelés à réorganiser les flux de déchets en Suisse de manière à maximiser les avantages environnementaux et économiques à la fois pour la société et pour l’économie.

Promotion de la recherche

«cemsuisse s’engage de multiples façons dans la recherche appliquée visant à trouver des solutions innovantes dans le domaine de la ­fabrication de ciment et de l’utilisation du béton. L’accent est mis sur une fabrication aussi respectueuse de l’environnement que possible et sur la construction durable en béton.»

Promotion de la recherche cemsuisse 2025

cemsuisse s’engage dans la mise en œuvre et le développement d’objectifs ambitieux dans l’industrie du ciment et du béton et apporte notamment un soutien actif et financier à des travaux de recherche remarquables dans les domaines de la durabilité, des normes et de la technique. Là aussi, l’économie circulaire et sa mise en pratique forment un pilier important dans le secteur du ciment et du béton.

Responsable du projetOrganisationTitreDescription
Winnie Matthes et al.TFBRésistance à la carbonatation du béton de construction: essais sur des composants types et les échantillons de laboratoire associés après 5 ansCe projet de recherche porte sur la caractérisation d’échantillons de murs qui ont été stockés pendant cinq ans. Outre la résistance à la carbonatation, la résistance à la compression et la perméabilité à l’eau des composants sont également étudiées.
Gisela Weibel et al.Université de BerneScories d’incinération dans les applications de bétonDans le cadre de ce projet, l’Université de Berne mène une étude de faisabilité sur l’utilisation de cendres d’incinération dans des applications du béton. Il s’agit ici d’étudier comment boucler les cycles de manière judicieuse, sans créer de piège à métaux lourds dans le béton.
Gisela Weibel et al.Université de BerneMise en décharge optimisée des cendres de boisCe projet vise à élaborer des solutions pour une mise en place optimale et sûre de cendres de bois dans les décharges. Pour ce faire, les producteurs de cendres de bois collaborent avec les autorités cantonales et fédérales ainsi qu’avec les exploitants de décharges.
Dominik Wlodarczak et al.CO2 Pipeline Schweiz AGÉtude sur la conception optimale d’un pipeline de CO2La société CO2 Pipeline Schweiz AG envisage le développement d’une infrastructure logistique dédiée au CO2. Dans le cadre de ce premier sous-projet, il s’agit d’élaborer la conception optimale d’un pipeline entre Zurich et Bâle, en prenant en compte les détails techniques, le raccordement au pipeline, les intensités CAPEX et OPEX ainsi que le raccordement au réseau européen.

Nous nous présentons

Sites de production

Siggenthal
Holcim (Schweiz) AG
Wildegg
Jura-Cement-Fabriken AG
Péry
Ciments Vigier SA
Cornaux
Juracime SA
Eclépens
Holcim (Suisse) SA
Untervaz
Holcim (Schweiz) AG
Membres

Secrétariat

cemsuisse
Association suisse de l’industrie
du ciment
Marktgasse 53, 3011 Berne
T 031 327 97 97
info@cemsuisse.ch
www.cemsuisse.ch

Dr. Stefan Vannoni
Directeur

Stephan Sollberger
Directeur adjoint et Responsable normes, durabilité et technique

Dominique Engelhar
Responsable de la communication et des affaires publiques 

Dr. Matthias Dahlkamp
Chef de projet normes, durabilité et technique 

Sandra Monnier
Secrétariat

Pascale Gränicher
Secrétariat

Betonsuisse Marketing AG
Marktgasse 53, 3011 Berne
T 031 327 97 87
info@cemsuisse.ch
www.cemsuisse.ch

Patrick Suppiger
Directeur

Olivia Zbinden
Responsable des RP

Groupes d’experts

Comité

Président

Dr. Gerhard Pfister

Conseiller national

Vice-président

Marco Maccarelli

CEO Holcim Central Europe West

Membre du comité

Olivier Barbery

COO Vigier Holding SA

Membre du comité

Hannes Eisner

Managing Director Jura Materials

Membre du comité

Lukas Epple

COO & Head of Strategy at Vicat Group

Membre du comité

Klaus Födinger

Managing Director Jura Management AG

Membre du comité

Markus Rentsch

Technical Director Jura Management AG